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Rubrique Rives et lac du lundi 2 juin 2008 par Christine Schwab
Une bénévole, habitante de Choulex, nous en parle

Dans les années 80, Anne Demmer, qui réside maintenant dans notre village, était reconnue des jeunes cavaliers choulésiens pour les miniderbys de poneys, organisés dans cette grande propriété de Vandoeuvres, la tour de Pressy, qui rassemblaient jusqu'à une centaine de participants.

Après une carrière de laborantine de l'Hôpital cantonal, jalonnée de gardes de nuit et de week-ends de piquet, cette jeune retraitée a décidé de s'investir dans le bénévolat. D'emblée, elle a été séduite par le Resto'Scout, un groupe de bénévole qui mitonne et sert chaque dimanche un repas chaud et équilibré aux défavorisés. L'essentiel des courses est effectués la veille par un responsable à la banque alimentaire Partage. Le dimanche, une équipe de membres de l'association se retrouve vers 16h. sur la place Montbrillant et prépare le repas dans une roulotte. Le coup de feu est à 18h. Il s'agit de servir rapidement une centaine de bénéficiaires, venus d'horizons différents et aux conditions d'existence problématiques : sans-papiers, personnes âgées, chômeurs en fin de droit… Si la météo est peu clémente, un bus chauffé accueille les convives.

Toutefois, l'action des bénévoles ne se limitent pas à une simple aide alimentaire. La rencontre, l'échange et le partage avec un être moins favorisé sont essentiels, la précarité engendrant souvent la peur de la société, la solitude, voire la honte. En demandant à Anne Demmer ce qu'elle retire en priorité de cet engagement, c'est sans hésiter et avec une émotion certaine qu'elle répond: " J'ai appris à ne pas juger autrui."

Pour se faire mieux connaître et dans l'espoir de convaincre de nouveaux bénévoles de rejoindre l'association, le Resto'Scout organise une "journée portes ouvertes" le dimanche 22 juin dès 17h sur la place Montbrillant, derrière la gare. Une occasion de rencontrer les organisateurs et les bénéficiaires, d'observer le déroulement d'un repas, de le partager avec eux et, pourquoi pas, de se lancer dans cette belle aventure, au gré de ses disponibilités.

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L'Hebdo

30 août 2007
Resto’Scout pour les démunis. Reportage par Nathalie Bougeard.

Humanitaire : À Genève, des scouts distribuent des repas à ceux qui sont dans le besoin. L’action, entamée en 2000, est dépassée par son succès.

Etrange mélange de populations sur un parking de Montbrillant, juste derrière la gare Cornavin, à Genève. Des touristes japonais montent dans leur cas climatisé, chargé de paquets et de grosses valises. Ils jettent un œil étonné sur le véhicule voisin : une roulotte de chantier, qui tance doucement. Une douce odeur de sauce tomate en émane.

A mesure que les touristes s’engouffrent dans leur bus, la file, moins disciplinée, grossit devant la roulotte. S’y mélangent des personnes de tous âges, du bébé en poussette jusqu’au retraité. Une majorité d’hommes. Différentes langues cohabitent. Les styles se côtoient. Beaucoup d’arrivants se connaissent, se saluent, discutent.

Affluence. Il est 17h 45. «File-moi un verre» grogne l’un des hommes, accoudé à une fenêtre de la roulotte une canette de bière à la main. «Pas maintenant, on distribue à partir de 18 heures, tu le sais bien», répond fermement Madelaine, de l’intérieur de l’habitacle.

Ce soir, ils sont six bénévoles à distribuer le repas aux démunis. Le Resto’Scout a été cré en 2000 par une unité de scouts genevois. Dans le cadre du centenaire du mouvement, il a gagné le premier prix des 100 bonnes actions pour toute la Suisse réalisées par des scouts. « Son but est d’aller à la rencontre de cette population défavorisée, de discuter. De créer et de stimuler les échanges», explique le scout Laurent Menoud, responsable du projet et membre du comité d’organisation. La structure a un succès fou : «Nous distribuons actuellement entre 80 et 150 repas par dimanche». Et ce avec des moyens dérisoires : dans la roulotte il n’y a pas d’eau, pas d’électricité. Le samedi, les responsables vont chercher gratuitement de la nourriture à la banque alimentaire Partage et concoctent un repas comprenant salade, plat principal et dessert. Puis commence la recherche de volontaires, qui se font rares. «Parfois des groupes scouts viennent aider ou des clubs de sport. Mais, sinon, ce sont surtout des personnes de notre entourage qui donnent un coup de main» glisse Laurent Menoud.

17h 58, la file devant la roulotte s’agite «J’ai faim !» s’exaspère un métisse, coiffé de lunettes de soleil. Les marmites immenses gargouillent de raviolis. Anne, une autre bénévole, commence à distribuer les assiettes. Tout se passe bien, pas de bousculade, pas d’injures. Une fois servis, les hôtes s’éloignent vers les tables en bois. Des groupes se forment. Les estomacs s’apaisent.

Pas de Question. Beaucoup viennent ici régulièrement. Notamment parce que, en été, le Resto’Scout est le seul endroit qui propose de la nourriture gratuitement le dimanche soir. Autre raison, primordiale aux yeux des convives : la discrétion. «Ici, ils nous posent aucune question, contrairement à d’autres structures où il faut remplir des fiches, prendre des bons. C’est bien. Moins il y a de contrôle social, mieux je me porte», dit Thierry, un habitué. A côté de lui, Denis acquiesce. Il est à l’AI, touche 2400 francs par mois et vient manger au Resto’Scout régulièrement. «Chez nous, l’espace est ouvert. Les gens mangent dehors, peuvent aller et venir comme ils veulent, amener leur chien. Le côté non professionnel doit les rassurer», pense Madelaine, mère de Laurent Menoud. En effet, si certains comme Marc, travaillent et paient leurs impôts, d’autres sont dans des situations bien plus irrégulières.

Vers 18h 30, l’atmosphère s’échauffe un peu. Certains essaient de mendier des desserts et repassent pour la deuxième fois dans la file. D’autres demandent inlassablement s’il y aura du rab. «Pas avant 18h 45. Ceux qui n’ont rien eu à manger, passez devant.» Une petite femme d’une cinquantaine d’année s’avance timidement. Cela fait vingt minutes qu’elle attend et se fait doubler. Arnaud, jeune étudient en droit de l’homme et droit humanitaire la sert. Finalement, il n’y aura pas de deuxième tournée. Certains restent à discuter. A l’intérieur de la roulotte, les bénévoles récurent les casseroles, nettoient les plaques, rangent la vaisselle. Pour laisser place nette, la semaine prochaine, à une autre équipe de volontaire.

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15 avril 2005
Repas chauds et… gratuits. Le resto du dimanche par Julien Meda.

« Servir », telle est la devise des routiers, dont Laurent Menoud fait partie après plus de vingt ans de scoutisme. Bien qu’il ait aujourd’hui pris ces distances avec le mouvement, ce laborantin en biologie n’en a pas pour autant perdu la philosophie. Il est depuis cinq ans le responsable du projet Resto’Scout, qui offre chaque dimanche un repas chaud et gratuit aux démunis de la ville. Une centaine de personnes se réunissent ainsi à la place de Montbrillant, pour partager un repas qui se veut avant tout un moment d’échange et de convivialité.

Le projet est né dans l’esprit de cinq chefs du clan scout Perceval. Il a vu le jour il y a de cela cinq ans, grâce à l’aide de l’association Carrefour-Rue, qui a fournit l’installation, ainsi que le soutien financer de privés, d’entreprise et d’associations de la place. Depuis sa création, cette cuisine montée sur roues a passablement bourlingué dans différents quartiers pour des opérations promotionnelles. Un moyen de sensibiliser la population au problème de la précarité à Genève. Aujourd’hui, la caravane est trop vétuste et, depuis deux ans, elle ne quitte plus son fief de la place de Montbrillant.

La roulotte, comme on l’appelle communément, est désormais gérée par un groupe d’une quarantaine de bénévoles et de six responsables, qui se relaient par équipe de trois pour venir servir la soupe populaire. « Le but du Resto’Scout n’est pas d’offrir à manger, mais bien plus de parler à des gens qui en ont besoin », remarque Laurent Menoud. Un souhait parfois bien difficile à réaliser pour une équipe réduite et un nombre de bénéficiaires en constante augmentation.

Menu varié. Tout au long de l’année, les « cuistots » s’efforcent de servir des repas équilibrés et variés. Chaque semaine, un menu différent est proposé. « Ce n’est pas de la gastronomie », constate le responsable alors qu’il remue le chaudron de chili con carne. « Les gens qui viennent ici ont surtout besoin d’un repas qui tient au corps », précise-t-il. À quatre reprises durant l’année, des repas spéciaux viennent pimenter le quotidien culinaire de la roulotte. Noel, Nouvel-An, Pâques et le fameux jour de la roulotte - le premier dimanche de septembre - sont l’occasion d’offrir un repas plus élaboré ou entrée, plat principal et dessert sont au rendez-vous. Des petites attentions qui comptent beaucoup.

Pour l’heure, le Resto’Scout s’apprête à fêter ses cinq ans d’existence. A cette occasion, une grande fête prendra possession de la place de Montbrillant le 28 mai prochain. Il y aura de nombreuses animations musicales dès 15h et des jeux pour les enfants.

Cette ambiance festive sera le meilleur accompagnement jusqu’au dîner, qui, sans aucun doute, sortira se l’ordinaire.

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18-19 septembre 2004
Le mouvement scout tente de remobiliser ses donateurs par Fabrice Breithaupt.

L’organisation assure de plus en plus d’actions sociales et humanitaires. C’est à Genève, lieu du siège mondial du scoutisme, que s’est tenue hier après-midi la 48ème Réunion des Compagnons de Baden-Powell, une sorte de club réunissant certaines des donateurs du mouvement fondé au début du XXe siècle par ce lord britannique. Une centaine d’entre eux ont participé à l’événement, organisé dans le quartier des Nations Unies, et marqué par la présence du roi de Suède Carl XVI Gustaf, par ailleurs ancien scout et actuel président honoraire de la fondation mondiale du scoutisme.

« Le but est notamment de rappeler que les 28 millions de scouts présents dans 216 pays, ne sont pas seulement ces joyaux jeunes gens en shorts et chapeaux qui organisent des camps d’activités récréatives ou chantent autour du feu,mais aussi des bénévoles qui participent de plus en plus à diverses actions sociales, humanitaires ou déstinées à favoriser la paix et la tolérance interculturelle à travers le monde », explique Richard Amalvy, directeur de la communication extérieure du Bureau mondial du scoutisme à Genève.

En Afrique, surtout, les scouts ont eu en effet à relever de nombreux défis au cours de ces dernières années. Des défis que les organisateurs de la réunion de vendredi ont tenu à rappeler, via la projection de quelques films et les témoignages de plusieurs scouts africains donnés par visioconférences. Appui humanitaire aux populations affamées de la région soudanaise du Darfour et aux réfugiés du génocide rwandais dans la région des Grands-Lacs, aide socio-éducative aux enfants des rues de Nairobi, prévention et lutte contre le sida auprès des jeunes au Kenya, ou encore participation à la campagne de vaccination contre le paludisme dans d’autres pays du continent noir, le scoutisme s’est depuis imposé comme une force de soutien de premier ordre en faveur des organisations humanitaires actives dans des régions en situation de crise. Et pas seulement : depuis quelques années, l’un des 19 groupes scouts de Genève organise chaque dimanche soir, derrière la gare CFF de Cornavin, la distribution de repas aux personnes nécessiteuses ou exclues de notre canton. « Un coup de pouce aux professionnels de l’action sociale », note humble, Laurent Menoud, membre du groupe scout genevois Perceval, qui gère ce projet baptisé Resto’Scout. Un coup de pouce qui rappelle que le scoutisme est un mouvement mondial actif au niveau local. Et donc le but est d’être «toujours prêt » pour contribuer à faire de notre monde un monde meilleur.

 

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